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This Is Tiffany

Knot on my planet

Dr iain douglas-hamilton, fondateur de l’association save the elephants, explique à anisa kamadoli costa, chief sustainibility officer chez tiffany, ce qui peut être entrepris pour empêcher la disparition des éléphants à l’état sauvage.

Depuis toujours, Tiffany & Co. s’est inspirée de la nature : des motifs floraux de bibelots victoriens aux clips fantaisie en forme d’insectes, rendus célèbres par Jean Schlumberger dans les années 1950. Les bijoux en forme d’étoile de mer d’Elsa Peretti ainsi que la flore et la faune de la collection du Blue Book 2017 continuent à illustrer aujourd’hui le culte que Tiffany voue à la nature, intrinsèquement présente dans l’esthétique de ses créations. Il n’est donc pas surprenant que l’entreprise accorde autant d’importance à la protection de l’environnement qu’à la création de superbes objets. Tiffany agit en promouvant des pratiques responsables d’approvisionnement en diamants, pierres et métaux précieux ; en travaillant pour protéger des zones particulières comme le parc national de Yellowstone, le Wyoming et Bristol Bay en Alaska ; en mettant tout en œuvre pour s’assurer que l’emblématique Blue Box et les sacs de la maison soient fabriqués avec du papier durable ou recyclé ; et en promouvant la santé et le bien-être des communautés où Tiffany s’approvisionne en matériaux dans le monde entier. Tiffany défend également la cause environnementale par le biais de bourses décernées par la Fondation Tiffany & Co., créée en l’an 2000 pour la conservation des paysages terrestres et marins les plus précieux au monde.

Tiffany s’est associée à l’Elephant Crisis Fund au travers de la campagne #KnotOnMyPlanet, qui met en scène plusieurs top models, dont Linda Evangelista, Doutzen Kroes, Christy Turlington Burns et Naomi Campbell, faisant un nœud symbolique pour ne jamais oublier les éléphants et pour permettre de sensibiliser le public à la menace que posent les braconniers d’ivoire. Une bonne nouvelle : la Chine a annoncé récemment qu’elle interdira tout commerce d’ivoire en 2017.

Anisa Kamadoli Costa, chief sustainability officer chez Tiffany et présidente de la Fondation Tiffany & Co., s’est entretenue avec le Dr Iain Douglas-Hamilton, fondateur de Save the Elephants, au sujet de ses efforts inlassables pour aider ces magnifiques créatures et de la façon dont nous pouvons y contribuer.

ANISA KAMADOLI COSTA : Iain, pour commencer je voulais vous dire que j’admire énormément votre travail. Vous avez vraiment fait bouger les choses en matière d’efforts de conservation de la faune sauvage, à travers l’association Save the Elephants et la campagne Knot on My Planet. Comment vous êtes-vous intéressé à la zoologie ?

DR DOUGLAS-HAMILTON : Mon père a été tué pendant la guerre, et j’ai eu un merveilleux beau-père sud-africain. Nous sommes partis habiter en Afrique du Sud, où il me lisait des histoires fascinantes sur la faune sauvage. À 10 ans, je savais que ma vie serait consacrée à survoler l’Afrique pour travailler avec les animaux.

AKC : Quelle a été votre première rencontre avec un éléphant dans la nature ?

IDH : Quand j’avais environ neuf ans, ma mère m’a emmené au parc national Kruger, et nous avons vu un éléphant à environ 800 m de nous, c’était absolument extraordinaire. Il était là, s’abreuvant à une mare. Mais c’est à 22 ans environ que j’ai vécu ma première véritable expérience sur le terrain, lorsque je suis allé travailler avec les animaux sauvages au Seregenti pour un stage d’été.

AKC : Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en place une étude sur les éléphants et un programme de conservation dès 1976 ?

IDH : J’ai passé cinq merveilleuses années auprès des éléphants pendant que j’écrivais ma thèse, mais le prix de l’ivoire a énormément augmenté entre 1969 et 1970. Les gens ont commencé à braconner les éléphants au Kenya. Il fallait clairement se pencher sur la situation. J’ai donc arrêté l’étude des comportements pour examiner le nombre d’éléphants en Afrique, et savoir s’ils pouvaient faire face à l’impact causé par la croissance du commerce de l’ivoire. Le début des années 80 a été une vraie hécatombe pour les éléphants. Puis le commerce de l’ivoire a été interdit pour la première fois en 1989 et a connu plus ou moins un cessez-le-feu au cours des 20 années suivantes, avant que le braconnage ne devienne à nouveau impossible à maîtriser.

AKC : Après une telle réussite dans la lutte contre les problèmes de braconnage, pourquoi, selon vous, ont-ils repris de plus belle deux décennies plus tard ?

En haut : Doutzen Kroes porte un clip Elephant
de Tiffany & Co. Schlumberger®. Photographe Dan Jackson. Ci-dessus : Clip Elephant de Tiffany & Co. Schlumberger®.

« Les éléphants ne peuvent pas être fabriqués. Une fois disparus, ils ne pourront pas être remplacés. »

Dr Iain Douglas-Hamilton

IDH : Nous avons à l’époque lancé une campagne de sensibilisation aux conséquences terribles du commerce de l’ivoire, et le public a vraiment pris conscience de ses méfaits à partir de ce moment-là. Ce qui avait changé, après 20 ans de cessez-le-feu, était la capacité croissante du public à acheter des articles de luxe comme l’ivoire sans vraiment réaliser les conséquences sur la nature. Une grande partie de ce que nous avons essayé de faire au cours des 10 dernières années a donc été d’informer le public, en l’éduquant sur les conséquences du commerce d’ivoire, et notamment sur l’anéantissement des éléphants.

AKC : Je crois que pour obtenir des changements, il faut pouvoir bouger de haut en bas et de bas en haut. Il me semble que c’est exactement ce que vous avez pu permettre d’accomplir. Vous avez complété votre œuvre au niveau gouvernemental aux États-Unis et en Chine avec vos efforts de sensibilisation mondiale tels que la campagne Knot on My Planet lancée sur les réseaux sociaux, ce qui est crucial pour pouvoir entraîner des changements plus rapidement.

IDH : Tout à fait. Et dans le climat commercial récent, un tournant s’est produit en 2012, lorsque le monde a soudainement pris conscience de la réapparition de ce commerce. Tout a commencé avec la révélation de résultats scientifiques prouvant le déclin des éléphants dans les quatre régions d’Afrique. Puis Hillary Clinton a annoncé un changement de politique du gouvernement américain en septembre 2012 et a fait une déclaration sur le travail des groupes de conservation que j’ai trouvé particulièrement encourageante. Elle a dit : « En vérité, ils ne peuvent pas résoudre ce problème tous seuls... C’est un défi mondial qui s’étend sur les continents et traverse les océans, et nous devons y remédier avec des partenariats aussi robustes et d’une portée aussi grande que les réseaux criminels que nous cherchons à démanteler. » Ce changement positif dans la politique gouvernementale des États-Unis s’est avéré être une étape capitale dans la lutte pour sauver les éléphants.

Éléphants d’Afrique photographiés par Susan McConnell.

« Nous avons essayé d’informer les gens sur les conséquences de l’achat d’ivoire, à quel point cela anéantit les éléphants. »

Dr Iain Douglas-Hamilton

AKC : J’ai été vraiment touchée de voir l’importance de la protection des éléphants renforcée à la CITES cette année.

IDH : Moi aussi. C’était très encourageant. À propos, je ne vais pas sonner l’alarme au sujet de l’extinction imminente des éléphants. Je pense qu’une extinction peut arriver dans certains pays. Mais je ne dis pas que si nous ne faisons rien, les éléphants auront disparu dans 10 à 15 ans, parce que les éléphants ne disparaîtront pas. Ils survivront dans les zoos. Ils survivront dans des parcs nationaux bien protégés. La menace qui pèse immédiatement sur eux n’est pas une disparition totale. Ce qui est très grave, c’est que nous pourrions perdre la majorité des éléphants d’Afrique et d’ailleurs, et que, pire encore, nous pourrions perdre les éléphants merveilleusement accoutumés que l’on trouve dans tous ces fabuleux parcs nationaux, ce qui signifierait que le public ne pourrait plus venir les admirer, parce que les éléphants seraient tellement terrifiés qu’ils fuiraient les voitures. Ce genre de choses peut arriver.

AKC : On a pu voir l’utilisation croissante de technologies comme la surveillance par satellites et les drones pour protéger les océans contre la pêche illégale. Je sais que Save the Elephants utilise des colliers à puces pour pouvoir suivre la migration des éléphants. Quel est l’impact de cette nouvelle technologie sur votre travail ?

IDH : Nous utilisons des colliers radio-émetteurs avec GPS qui transmettent les informations à une large base de données, et ceux qui y ont accès s’en servent pour aider à la sauvegarde des éléphants et à faire respecter la loi. Nous faisons cela en collaboration avec les services africains chargés de la faune et nous prenons bien soin de garder ces informations hors de portée des braconniers. Nous avons ensuite établi un partenariat avec Google Earth grâce auquel les gardes et le personnel des parcs nationaux peuvent utiliser le programme pour voir où se trouvent les éléphants, et y envoyer des patrouilles. Ce système a encore évolué dernièrement : nous travaillons maintenant avec Vulcan pour mettre en place un système de surveillance géographique, le DAS (Domain Awareness System) afin que toutes ces informations puissent être affichées sur des écrans dans une salle de contrôle centrale. Au sein de ce programme, nous avons aussi le système de suivi Save the Elephants, un logiciel réalisé par Vulcan en association avec nos propres ingénieurs internes et qui s’intègre sur une application pour smartphone ou tablette. C’est assez incroyable. Nous pouvons le mettre à la disposition d’un garde en patrouille et il peut ainsi diriger les opérations directement sur le terrain. C’est de cette façon que la technologie nous aide.

AKC : Remontons un peu en arrière : comment a été mise sur pied l’association Save the Elephants ?

IDH : Depuis 1965, j’ai travaillé de nombreuses années avec différents organismes de conservations, puis j’ai fondé Save the Elephants en 1993. Au début, nous avons commencé par observer les choses du point de vue des éléphants, que nous avons essayé de connaître en suivant leurs déplacements et en examinant les décisions qu’ils prenaient tout au long de leur vie. Nous sommes un organisme mondial de recherche scientifique, entre autres. Mais quel que soit votre point de vue de départ en tant que conservationniste, vous réalisez rapidement que si vous aimez les animaux, ce n’est pas suffisant. Vous devez aussi vous mettre en contact avec les populations locales qui partagent la terre avec les animaux, et dont une grande partie vit dans des situations très difficiles. Pour notre zone d’étude de Samburu, nous avons demandé aux habitants de la région quel était ce dont ils avaient le plus besoin. Ils ont répondu : l’éducation. Alors Save the Elephants s’est impliqué dans le soutien d’une école locale, avec la construction d’un nouveau dortoir pour les filles et l’attribution de bourses. Parmi tous nos programmes, c’est en fait l’un des plus satisfaisants, parce qu’il nous donne cette capacité extraordinaire de changer la vie des plus jeunes.

AKC : Je sais que votre femme Oria a décrit la crise des éléphants comme le symbole d’un besoin plus grand encore de soutenir l’environnement et de s’attaquer à des problèmes de conservation de plus vaste envergure, tels que le changement climatique. Les éléphants symbolisent-ils aussi pour vous d’autres enjeux environnementaux ?

IDH : Oui. Si on regarde les graves problèmes environnementaux à long terme, je peux voir comment, dans le monde entier, la démesure du développement affecte l’environnement à tel point qu’il nous reste très peu de nature. Alors que la vie continue et que la population humaine augmente, la nature, et ces régions sauvages protégées, battent inexorablement en retraite. Nous avons besoin de défenseurs qui luttent autant pour préserver l’environnement que les éléphants. Mais nous n’avons pas encore parlé de l’Elephant Crisis Fund, une initiative commune entre Save the Elephants et le Wildlife Conservation Network. C’est ce que nous avons soutenu à travers la campagne Knot on My Planet et l’aide que nous avons reçue de personnalités telles que Leonardo DiCaprio, Yao Ming et Li Bingbing. Ça a été une grande réussite. Nous comptons désormais plus de 100 projets et partenaires dans de nombreux pays. Nous suivons un modèle sans frais généraux, selon lequel tous les fonds levés reviennent intégralement aux partenaires que nous choisissons et qui font un fabuleux travail de premier plan. Je ne veux donc surtout pas prétendre que Save the Elephants fait un meilleur travail que quiconque. Mais ce que nous essayons de faire, c’est de savoir quelles activités fonctionnent afin de distribuer nos ressources là où il faut. Et en raison de notre modèle entièrement collaboratif, nous avons choisi les meilleurs projets en cours qui avaient un déficit de financement. Nous avons essayé de ne pas ré-inventer la roue. Ils existaient déjà. Je pense que c’est ce qui est nécessaire pour ces héros de première ligne.

AKC : Tout à fait. Ces collaborations sont capitales pour s’assurer que nous œuvrons tous ensemble à la protection de la faune sauvage.

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